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Pesticides : Oui, on peut se passer du glyphosate !

Un récent rapport scientifique décline les alternatives au glyphosate, un herbicide suspecté de provoquer le cancer. Très utilisé en France, particulièrement en agriculture, on le retrouve partout aujourd’hui : dans l’eau, dans les aliments et même dans le corps humain. La France se donne trois ans pour en finir.
Tout le monde connaît l’herbicide Roundup de Monsanto sans savoir pour autant que sa matière active est le glyphosate, un produit classé « cancérogène probable » en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il faut savoir que cet herbicide est nocif même à de très faibles doses. La France en est cependant une grande consommatrice : plus de 9 000 tonnes y sont pulvérisées chaque année. Rien d’étonnant donc que ce produit chimique se retrouve dans l’eau, dans le sol, dans les aliments et même dans le corps humain.

Une promesse du gouvernement

Après le vote européen de novembre 2017 qui a reconduit pour cinq ans l’autorisation d’utilisation du glyphosate (malgré l’opposition de nombreuses ONG, alertant sur les risques pour la santé et l’environnement), Emmanuel Macron a promis d’interdire ce produit en France « dès que des alternatives auront été trouvées et au plus tard dans trois ans ». Et ces alternatives existent comme le montre un rapport de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) commandé par le gouvernement et publié début décembre 2017, peu après la promesse du Président de la République.
Comment se passer du glyphosate ? en utilisant des alternatives techniques comme le désherbage mécanique ou le labour que de nombreux agriculteurs, notamment en agriculture biologique, utilisent déjà. « Une analyse des pratiques, à partir des données des 3000 fermes du réseau Dephy Ecophyto, montre que des agriculteurs utilisent déjà ces leviers. Ils sont donc possibles et même économiquement viables » rapporte l’INRA. Certains affirment même obtenir de meilleurs résultats économiques.
Alors pourquoi le glyphosate est-il encore utilisé par une majorité d’agriculteurs ? Parce que c’est un produit facile d’utilisation et bon marché pour nettoyer les champs, vergers et vignes des herbes indésirables. Aussi son épandage est préféré à toute autre méthode qui demande plus de temps et d’énergie. Les chercheurs de l’INRA redoutent d’ailleurs qu’il soit remplacé par un autre herbicide s’il vient à être interdit, tellement l’habitude de recourir à ce type de produit est installée.
 

Vers un changement profond des pratiques agricoles

Pour se passer du glyphosate, le vrai changement consiste à adopter d’autres pratiques agricoles. Mais cela va prendre du temps… « Couvrir un ensemble d’objectifs économiques, sociaux et de préservation de l’environnement et de la biodiversité est un défi technique, c’est pourquoi le rythme de transition à envisager devra donc prendre en compte des difficultés et impasses » explique le rapport de l’INRA. « L’adaptation à un arrêt du glyphosate passe et passera par des changements profonds. Le déploiement des pratiques nouvelles doit être envisagé sur toutes les exploitations, quelle que soit leur taille, et notamment celles de grande taille. Et nombre de ces changements sont compatibles avec une réduction de la dépendance aux herbicides au-delà du seul glyphosate. (…) La transition vers l’absence de glyphosate sera aussi facilitée par une adaptation de la demande des consommateurs et l’harmonisation des pratiques entre pays européens pour limiter les distorsions de concurrence ».
 

L’agriculture biologique montre la voie

Le meilleur moyen pour se protéger du glyphosate reste encore l’agriculture biologique qui interdit son utilisation ainsi que tout autre produit chimique toxique.
Plus d’un million soixante-dix mille signataires dans toute l’Union européenne se sont mobilisés en l’espace de quelques mois (entre février et juillet 2017) autour d’une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour réclamer l’interdiction du glyphosate. Cet engouement, couplé à une forte progression de la consommation de produits bio, montre à quel point les citoyens européens souhaitent aujourd’hui protéger leur santé et leur environnement des dangers des pesticides en général et de cet herbicide en particulier.
 

L’équipe Bjorg, Bonneterre & Cie